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Les daily bidule

Ce n'étaient ni des daily standups, ni des daily scrum, appelons les: daily bidule.

Les développements du projet ont démarré en novembre 2008. Ce projet a été découpé en 2 produits. Appelons le premier lot A1, environ 800j TTC, prévus en gestion de projet "classique": 4 à 5 développeurs. La période de développement a été un peu douloureuse mais la communication dans l'équipe s'est faite naturellement, sans concrétisation de points hebdomadaire ou autre. Ce modèle a trouvé sa limite au début de la période d'intégration (juin 2009) où une grande partie des développements n'était pas finalisés, où on a rencontré des difficultés avec les configurations de serveurs d'intégration/recette, où la pression est simplement montée d'un cran.

La proposition est venue de la direction de projet. J'ai tout de même plusieurs fois mentionné à l'équipe auparavant, la possibilité de faire des points journaliers, très courts pour s'informer les uns les autres de ce qu'on faisait, la meilleure manière pour moi de s'engager envers ses collègues à réaliser une certaine part de travail dans la journée.

Le ton est donné: 15 minutes, 6 personnes (5 dev, 1 cdp), 3 questions. 

La formule s'inspire biensûr des "daily Scrum" (DS). En français, la "mêlée quotidienne" qui permet à l'équipe d'échanger autour de 3 questions:

  1. Qu'as tu accompli? (depuis le dernier DS)
  2. Quel est ton objectif? (jusqu'au prochain DS)
  3. Est ce que quelqu'un peut t'aider?

Ce mini-point qui se tient généralement debout, devant le taskboard. Il permet également de mettre à jour le reste à faire et l'avancement du sprint. A mon sens, le but n'est pas de répondre aux questions, mais d'offrir à l'équipe un espace de communication, de lever les alertes s'il y en a, et de générer l'énergie nécessaire au groupe pour réaliser une journée efficace de travail.

Cette pratique a été maintenue jusqu'à la mise en production. Elle a notamment permis de prioriser chaque matin les tâches de développement et les évolutions par rapport aux anomalies remontées pendant la recette. Le gain essentiel pour moi, a été ce petit démarrage d'esprit de cohésion dans l'équipe et la conscience des autres. Il est vrai que le format a parfois un peu débordé, que des "j'ai pas le temps" ont parfois dû être gérés... Mais c'était nécessaire et avec du recul, je ne pense pas qu'on serait arrivés au succès du projet sans eux.

Pour le deuxième lot du projet (nommons le A2), il y a eu une mouvance vers le "un point par semaine ou tous les 2 jours ca suffit". Mouvance contre laquelle je me suis opposée :)
Plus on espace ces points, plus les choses à dire prendront du temps. De plus, si une difficulté aurait pu être détectée le jour même, dans ce cas, elle pourrait prendre plusieurs jours à être identifiée par tous et résolue. Je pense que si la dérive a failli être prise, c'est que certaines personnes se sont dit qu'en début de projet, on avait pas grand chose à se dire. Soit! S'il n'y a rien à dire, ça prendra 5 minutes, chouette! 

La mêlée quotidienne reste une des première pratique qu'il est possible de mettre en place. Il est vrai qu'il n'y avait pas de Scrum, c'était un cycle en V, tout ce qu'il y a de plus traditionnel. Dans mon cas, je pense qu'il aurait été difficile de la mettre en place différemment à ce moment, dans ce contexte.